Une question plutôt qu'un thème

La Mode dans 100 ans n'est pas un simple fil conducteur esthétique. C'est une hypothèse de travail, presque un exercice de prospective : projeter le vêtement dans un futur incertain, et regarder ce qu'il devient quand le monde change. Sous l'accompagnement de Mélina Munoz, Marina Franchini et Joséphine Gravis, les étudiants n'ont pas présenté seulement des vêtements, mais des visions du monde à venir.
Dans les murs du FRAC Bretagne, le cadre n'était pas neutre : celui d'une institution dédiée à l'art contemporain, où la création étudiante a trouvé un écho naturel.
Neuf futurs, du textile effondré au corps transformé

Les premières années ont posé les fondations. Un groupe a imaginé un monde où l'industrie textile s'est effondrée, où le vêtement renaît à même le corps, drapé, noué, ajusté, dans une mode du geste et du présent. Un autre a fait du vêtement une mémoire, porteur d'héritages culturels réinterprétés pour préserver ce que le temps efface.
Les deuxièmes années ont exploré des futurs plus instables. Face à des climats imprévisibles, le vêtement devient une seconde peau, modulable, qui relie le corps à son environnement. Ailleurs, dans un monde vidé par ses propres excès, il se fait structure et soutien, marqué par le deuil et la mémoire de ce qui a été perdu. Une troisième vision, plus radicale encore, imagine un corps qui mute et fusionne avec son milieu, où la mode ne l'accompagne plus mais le devient.
Les étudiants de troisième année ont proposé des visions critiques et résilientes. Avec Seconde Vie, une Terre à bout de souffle où les déchets deviennent ressources et les savoir-faire renaissent, le vêtement comme symbole de résilience. À l'opposé, un futur dominé par l'artifice et les régimes autoritaires, où le vêtement devient un outil de contrôle et une réflexion sur la perte de liberté.
Ce qu'une école de mode apprend à faire

D'un projet à l'autre, une même idée : le vêtement n'est jamais qu'esthétique. Il est mémoire, protection, transformation, parfois résistance. C'est précisément ce qu'une formation en design de mode cherche à transmettre : la capacité à partir d'un concept fort, à le documenter, et à le traduire en collection cohérente et défendable.
Le défilé donne à cet apprentissage sa forme la plus aboutie, le moment où une démarche devient une proposition, présentée devant un public.
Bravo aux étudiants du Bachelor Design de mode de Condé Rennes pour l'ambition de leurs visions. Merci à Mélina Munoz, Marina Franchini et Joséphine Gravis pour leur accompagnement, et au FRAC Bretagne pour son accueil.